Si la démocratie est le pouvoir de la majorité …

Si la France organisait le même référendum que celui qui a abouti au Brexit au Royaume-Uni, le résultat serait « probablement » le même. Ainsi parle Macron (1), lucide pour une fois, précisant qu’il se battrait « très durement » contre une telle décision. Si la démocratie est la loi de la majorité, et si la majorité rejette les diktats de l’Union européenne que Macron s’acharne à imposer, qu’en conclure ? Ceci : la démocratie exige que Macron soit chassé.
Macron représente les intérêts de la minorité. Ce 22 janvier, à Versailles – quel symbole ! – il a reçu 140 patrons des multinationales les plus puissantes du monde pour leur « vendre » les résultats des premiers mois de son règne, en particulier les ordonnances contre le Code du travail. « Venez chez nous, le climat est bon pour les exploiteurs, les travailleurs coûtent de moins en moins cher et disposent de moins en moins de droits pour se défendre », leur a-t-il déclaré en substance. Si la démocratie est la loi de la majorité, elle exige que soit chassé celui qui veut imposer la loi de l’infime minorité (2).
Macron ne tient que par la division : celle qui lui a permis de devenir président en recueillant les voix de 15 % des électeurs inscrits ; celle qui voit les dirigeants de « gauche » lui laisser les mains libres jusqu’à l’élection présidentielle de 2022, au moins ; celle qui voit fleurir à nouveau les journées d’action saute-moutons convoquées sur des mots d’ordre qui ne sont pas ceux de l’unité. La division est ennemie de la démocratie.
Dans tout le pays, les grèves se multiplient. Sur le plan politique, de plus en plus nombreux sont les travailleurs et militants de toutes tendances qui disent : « Assez de division, rassemblons les forces pour en finir, tout de suite, avec ce gouvernement ! »
À la proposition d’une manifestation nationale dans l’unité pour chasser Macron, adressée à toutes les organisations ouvrières et démocratiques (3), le Parti ouvrier indépendant démocratique, réunissant son conseil fédéral national (CFN) a clairement répondu : quoi qu’il arrive et quels que soient les points de vue des uns et des autres, il doit y avoir une manifestation nationale dans l’unité pour chasser Macron, son gouvernement, sa politique anti-ouvrière.
Bientôt un an depuis l’élection : un an de trop, un an, ça suffit !

(1) BBC, 20 janvier.
(2) Le jour même où les patrons des multinationales et Macron communiaient autour des « petits fours et du Roi-Soleil » (Le Monde), la presse publiait une étude montrant que de 2007 à 2017, le nombre de milliardaires en France a été multiplié par 2,5 (tout comme leur richesse totale) et qu’en vingt ans les avoirs cumulés des 10 plus grandes fortunes ont été multipliés par 12, tandis que un million deux cent mille personnes supplémentaires grossissaient les rangs de la population pauvre.
(3) On lit le tweet suivant de Danielle Simonnet, secrétaire nationale du Parti de gauche, lors des vœux de son parti : « Et si, le 13 mai 2018, 50 ans après Mai-68, on se retrouvait pour dire “un an de Macron, ça suffit !” ? » À suivre…